À l'occasion du 46ème match joué contre l'Afrique du sud et terminé par la plus cruelle des façons, nous vous invitons à vous replonger dans les années 1970, trente ans après le début de l'apartheid en Afrique du Sud et 6 ans après l'assassinat de Martin Luther King.

Le samedi 23 novembre 1974 s'est déroulé un test match contre l'Afrique du Sud, remporté par les Springboks à Toulouse 4-13. Nous sommes en plein Apartheid et le mouvement sportif dans son ensemble rejette l'Afrique du sud de la plupart des compétitions sportives. Cela fait déjà 11 ans qu'elle ne fait plus partie du mouvement olympique et les Néo-Zélandais, Australiens et Britanniques refusent d'aller jouer dans ce pays depuis 1971.

La dernière tournée des All-Blacks (gagnée 3-1 par les Boks) remonte à l'année 1970 où les suprémacistes blancs avaient toléré la présence de joueurs Maoris sur leur sol. Il faut dire que la fédération sud-africaine n'est pas reconnu par le rugby mondial de par ses statuts (Fédération blanche). Seule la France ovale fait figure d'exception en se déplaçant encore en Afrique du Sud. Les rugbymen français ont toujours d'ailleurs refusé de mêler sport et politique en jouant notamment contre les pays de l'Est alors que la guerre froide battait son plein ou contre la république d'Irlande juste après les événements de Derry.

Roger Bourgarel, né de père Guadeloupéen, était le symbole de la tournée française de 1971 en Afrique du Sud où les joueurs français, par solidarité, avaient refusé de rentrer en boite de nuit si leur camarade n'était pas admis.

L'apartheid fût aboli en 1991 et l'Afrique du Sud remporta la coupe du monde en 1995 pour sa première participation après sa réintégration dans le rugby mondial en 1992 après avoir battu la France en demi-finale, avec l'arbitrage controversé du Gallois Derek Bevan et la victoire 15-12 en finale contre les All-Blacks dans un match sans essai.